La Suède, le bon élève de l’Europe

La Suède est en bonne santé, par rapport aux autres membres de l’Union Européenne, en matière tant économique (croissance supérieure à la moyenne de l’UE), financière (équilibre des comptes, faible endettement) que politique (stabilité prévisible du gouvernement jusqu’aux prochaines élections en 2014). 

Les Suédois jugent avoir fait, dans les années 90, les réformes qui s’imposent aujourd’hui à de nombreux pays de l’UE. Il en résulte une autosatisfaction perceptible, mais tempérée par la conscience des défis à relever pour que le pays maintienne son avance : sécuriser l’effort de recherche et d’innovation, pourtant déjà important en comparaison avec le reste de l’UE ; renforcer encore la présence suédoise sur les marchés émergents ; mieux traiter le problème d’un chômage qui reste, notamment chez les jeunes, assez élevé.

Même si l’opinion suédoise n’est que modérément « europhile », les Suédois et plus encore leurs dirigeants sont conscients de la dépendance de leur pays envers l’UE et de la nécessité pour la Suède d’influencer le processus de décision à Bruxelles. La Suède, qui n’est pas membre de l’Euro mais participe aux autres politiques communes, attend de l’Europe : qu’elle suive son exemple de réforme et de rigueur financière; qu’elle soit un instrument d’ouverture économique et de renforcement de la compétitivité par l’innovation.

Malgré une vision de la construction européenne au fond assez différente de la nôtre, et des divergences fortes sur certains dossiers (PAC, négociations commerciales internationales), nous avons avec la Suède des convergences significatives qu’il convient d’exploiter. Nous partageons aussi une volonté d’agir pour le traitement des crises et des défis mondiaux, même si le caractère minoritaire du gouvernement limite sa marge d’action.

S’agissant de nos relations bilatérales, nous avons : une base solide sur le plan économique qui mérite d’être valorisée et développée, en particulier sur certains secteurs-cibles ; une coopération scientifique très prometteuse ; un potentiel significatif de partenariats culturels ; et un fort intérêt à échanger sur les « meilleures pratiques » en matière sociale et de gouvernance. 

Conjoncture. Au-delà de la bonne surprise des chiffres du 4ème trimestre 2012 (croissance du PIB nulle alors que le consensus  attendait -0,8 %), les perspectives semblent plus favorables début 2013 : l’indicateur PMI pour la Suède comme les enquêtes de l’institut de la conjoncture sont repartis à la hausse ces trois derniers mois. De même, la confiance des ménages est en hausse.

Immobilier. Les autorités suédoises pointent de plus en plus le risque de surchauffe immobilière et le niveau trop élevé de l’endettement des ménages (environ 170 % de leur revenu disponible). Ainsi, le directeur-général de la FSA, Martin Andersson, a rappelé (dans un entretien accordé à Bloomberg le 18 février) la possibilité d’introduire des exigences d’amortissement ou un plancher de RWA sur les prêts hypothécaires. Le ministre des finances, Anders Borg, a estimé que le ratio d’endettement des ménages « ne devait plus augmenter » tandis que le gouverneur de la Banque centrale, Stefan Ingves, a indiqué un seuil maximal de 200 %.

 

Annexe 1 : prévisions macroéconomiques pour les pays nordiques

Danemark

Finlande

Norvège

Suède

PIB

2013

2014

2013

2014

2013

2014

2013

2014

gouvernement

1,2

1,6

0,5

1,7

2,9

1,1

3,0

Banque centrale

1,3

1,8

0,4

1,5

2,5

2,8

1,2

2,7

institut stat./conj.

1,6

1,8

1,0

2,2

2,8

0,8

2,2

Commission*

1,1

1,7

0,3

1,2

2,6

2,5

1,3

2,7

FMI**

1,2

1,8

1,3

2,1

2,4

2,0

2,2

2,5

OCDE***

1,4

1,7

1,1

2,2

3,2

3,1

1,9

3,0

SEB

0,7

1,7

0,4

1,7

2,9

2,9

1,2

2,5

Nordea

1,5

1,7

1,0

2,7

3,0

2,5

0,8

2,4

Danske Bank

0,7

1,6

0,5

2,2

3,1

3,4

1,2

2,0

NB : PIB continental pour la Norvège ; pour le Danemark, la 3ème ligne correspond aux prévisions du Conseil des Sages

Déficit

 

gouvernement

-2,5

-2,8

-1,5

-0,9

-5,6

-1,3

-0,6

Commission*

-2,7

-2,8

-1,5

-1,3

13,9

13,7

-0,9

-0,2

FMI**

-2,0

-1,9

-0,9

-0,3

12,5

11,3

-0,2

0,2

OCDE***

-2,1

-1,7

-1,0

-0,4

16,0

16,8

-0,8

-0,2

NB : déficit hors pétrole pour la prévision gouvernementale de la Norvège (en % du PIB continental)

Dette

gouvernement

43,3

42,8

56,2

57,2

41,4

40,3

Commission*

45,9

47,3

56,4

57,6

27,4

26,8

37,3

35,5

FMI**

47,6

47,8

53,9

54,1

49,6

49,6

35,9

34,1

Autres

inflation (IPCH)*

1,5

1,5

2,5

2,2

1,5

2,4

1,1

1,6

chômage (BIT)*

8,0

7,9

8,0

7,9

3,1

3,2

8,0

7,8

 

Prévisions d’hiver (février 2013)Source : Commission européenne (février 2013)

** World Economic Outlook (octobre 2012)

*** Perspectives économiques (novembre 2012)

 

En rouge : dernières actualisations

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